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10 août 2007

Jeudi 11 août 2005 : Assouan – Abou Simbel

Abou Simbel

Ramsès II y fut déifié dans un temple creusé « pour l’éternité » dans un éperon de la chaîne libyque.

Les temples de Ramsès II et de Néfertari ont du être déplacés à cause du barrage d’Assouan entre 1963 et 1968.

L’édification du barrage d’Assouan, entre 1960 et 1971, a provoqué l’engloutissement de toutes les zones habitées de la Basse-Nubie, entre Assouan et la frontière avec le Soudan. Parmi les nombreux temples menacés par les eaux du lac artificiel, ceux d’Abou Simbel étaient de loin les plus difficiles à sauver.

En 1963, l’Egypte et l’Unesco accordaient à des entreprises française, allemande, italienne, suédoise et égyptienne le soin de démanteler, de transporter puis de reconstruire bloc par bloc et 65m plus haut que leur situation originelle les deux temples d’Abou Simbel. C’était la plus simple et la moins coûteuse des différentes solutions envisagées à partir de 1960.

On protégea le site des crues du Nil en érigeant une digue de protection provisoire de plus de 350m et on arasa les collines surmontant chaque temple (soit un déplacement de 300 000 tonnes). Pour éviter toute vibration, on recouvrit de sable la façade des deux temples en y ménageant un passage vers l’intérieur. Puis on aborda la phase la plus délicate, le grès rose nubien étant devenu très friable avec le temps : scier l’ensemble en plus de 1000 blocs, chacun solidarisé par résine époxy à des barres de cuivre afin d’être prélevé par une grue, un pont roulant assurant ensuite le déplacement au sommet de la falaise. Cet ensemble pesait 15 000 tonnes, dont 11 500 pour le Grand Temple. Pour remonter ce dernier, on érigea, en respectant l’orientation primitive, une superstructure en béton autour de laquelle fut reconstitué ce joyau qui ne présente aujourd’hui plus aucune cicatrice de cette opération pharaonique qui s’acheva en septembre 1968.

Grand Temple

Il est probable que Ramsès II a fait ériger ce temple si loin de Thèbes pour une raison mêlant économie et politique. En effet, l’Egypte importait de nombreux biens de l’Afrique intérieure parmi lesquels de l’or extrait du désert de Nubie, du quartz dans le Ouadi el-Alaki et de la diorite juste à l’ouest d’Abou-Simbel. En bâtissant un tel temple, le pharaon contribuait à pacifier une région d’une importance capitale tout en protégeant symboliquement les frontières du royaume.

La façade

Taillée vers l’est en forme de pylône dans un à-pic de 33m de hauteur et de 38m de largeur, elle est précédée d’une terrasse où alternent des statues du roi et du dieu Horus. Au-dessus du portail d’entrée une niche abrite la statue de Rê-Horakhty (le soleil à son zénith, doté d’une tête de faucon), flanquée de bas-reliefs représentant le roi. Un rébus hiéroglyphique précise que le bénéficiaire du temple est le roi déifié. La façade est surmontée d’une corniche décorée de 22 singes cynocéphales (à tête de chacal).

Les 4 colosses figurent Ramsès II, assis et regardant en direction du soleil levant, coiffé du nemès et du pschent : le visage porte la barbe postiche ; le cartouche royal est frappé dans la pierre, sous la poitrine et sur les bras. Directement taillés dans la falaise, ils sont hauts de 20m. l’artiste a travaillé ici de façon réaliste comme pour mieux souligner que nous sommes devant le temple d’un roi tout-puissant, soucieux de traduire à la fois une impression d’unité et de calme. Malgré les dimensions, la perfection est atteinte. A côté et entre les jambes, des statues plus petites représentent entre autres la reine Touy (la mère de Ramsès II), Néfertari (son épouse) et la princesse Méritamon (sa fille). En s’approchant, on remarque de nombreuses inscriptions, gravées dans plusieurs langues depuis les soldats grecs de l’Epoque saïte jusqu’aux voyageurs européens des temps modernes.

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L’intérieur

Dédié à Amon-Rê, le Grand Temple d’Abou Simbel est un spéos, c’est-à-dire un temple intégralement creusé dans la masse rocheuse. Profond de 62 m, il respecte la typologie traditionnelle des temples de plein air.

Décoré de vautours aux ailes déployées symbolisant le ciel, le plafond du pronaos est supporté par 8 piliers osiriaques, éléments typiques de la cour d’un temple : les statues représentent Osiris sous les traits de Ramsès II (ceux situés au Sud portent la couronne de Haute-Egypte, ceux du Nord le pschent). Les bas-reliefs des parois illustrent des faits militaires. La paroi Nord porte la célèbre scène de la bataille de Qadesh. Plusieurs phases sont évoquées. Au registre inférieur, on voit : le roi sur son trône tenant conseil, son char et sa garde, des espions hittites bâtonnés ; le camp égyptien avec des chevaux et des soldats travaillant au cantonnement ; le départ des troupes. Au registre supérieur : le roi sur son char décochant des flèches sur l’ennemi, la citadelle de Qadesh, les Hittites. Un registre intermédiaire décrit l’engagement de la cavalerie. Dans l’angle Nord-Est supérieur : fin de la bataille avec le roi, debout sur son char, assistant au dénombrement des victimes (mains et sexe coupés). En face, sur la paroi Sud, des scènes d’offrande surplombent des scènes de guerre, dont une représente le roi et ses 3 fils chargeant à la tête de son armée dans un style expressif. De part et d’autre du pronaos, des salles transversales à la décoration inachevée sont entourées de banquettes destinées à recevoir les offrandes. Une porte mène à deux chapelles décorées de scènes d’offrandes. Enfin, on accède au naos où sont assises 4 statues taillées dans la banquette rocheuse, de gauche à droite : Ptah, Amon-Rê, Ramsès II et Rê-Horakhty. De la sorte, Ramsès II est présenté à l’égal des dieux, à côté de la triade divine. Détail surprenant : deux fois par an, le 20 février (date de naissance du roi) et le 20 octobre (date de son couronnement), les rayons du soleil viennent frapper 3 des 4 statues ; la seule à rester dans l’ombre est celle de Ptah (elle ne porte pas de couronne).

La bataille de Qadesh

La bataille de Qadesh est une bataille qui eut lieu aux environs de -1274 et qui opposa les deux plus grandes puissances du Proche-Orient : l'empire hittite, dont le centre était en Anatolie, et l'Égypte ramesside.

Contexte historique :

Le royaume hittite et le royaume égyptien entretiennent des relations conflictuelles depuis le milieu du XIVe siècle av. J.-C., quand le roi hittite Suppiluliuma Ier avait placé le nord de la Syrie sous sa coupe à la suite de plusieurs offensives victorieuses face au Mitanni, alors l'allié de l'Égypte, dont il avait fait un vassal. Au cours de ces conflits, quelques cités vassales du pharaon Akhénaton étaient passées sous contrôle hittite.

L'Égypte réagit face à cette menace après l'avènement de la XIXe dynastie. Séthi Ier réussit à remporter quelques succès, et son fils Ramsès II décide de poursuivre dans cette voie. C'est durant la quatrième année de son règne (vers -1275) qu'il entame son rêve de reconquête des territoires jadis soumis par son illustre ancêtre Thoutmôsis III. La forteresse de Qadesh est l'un des symboles de la présence hittite au Proche-Orient et malgré sa réputation d'être imprenable, elle est l'objectif final de la campagne qui s'engage.

Partant de sa capitale Pi-Ramsès (à l'est du delta), Ramsès passe par Tcharou, Canaan, Tyr et Byblos, puis s'enfonce en Amurru, surprenant le prince Benteshina allié des Hittites qui se rallie à lui sans résistance. Ramsès laisse les gens du Naharina sur place avant de s'en retourner en Égypte.

Pendant l'hiver, il prépare son armée basée dans la capitale. Les divisions de Seth, , Amon et Ptah constituées de Modèle:Fomatnum:1900 soldats égyptiens, 2 100 mercenaires dont les Sardanes incorporés après leur raid contre l'Égypte et 2 500 chars bien entraînés. Partie en mai -1274, l'expédition passe en Canaan, en Galilée remonte par la plaine de la Beqaa pour s'enfoncer jusqu'à Qadesh, en Syrie actuelle.

De son côté, Muwattali, l'empereur hittite, réunit une coalition comprenant : Hittites, Naharina, Arzawa, Dardaniens, Kerchkech, Masa, Pidasa, Inouna, Karkisa, Lukka, Kizzuwatna, Karkemish, Ougarit, Kedy, Nouges, Mouchaset, Qadesh soit environ 30 000 hommes dont 3 000 charriers.

La légende égyptienne :

La légende immortalisée par le Poème du scribe Pentaour et le Bulletin (recueil de souvenirs de guerre), nous apprend qu'en traversant le bois de Labouy, deux shasou (bédouins) affirment que Muwattali, craignant Ramsès, se trouve encore aux environs d'Alep (loin au nord, à la frontière du royaume hittite). Ramsès, trop crédule, fait installer son camp sur la rive ouest de l'Oronte à proximité de la forteresse sans attendre le renfort des trois divisions qui suivent à plusieurs heures de marche. Seule la division d'Amon l'accompagne. Après un interrogatoire poussé, les bédouins finissent par avouer que l'armée hittite se trouve derrière Qadesh, sur la rive est de l'Oronte.

Pharaon réunit son conseil de guerre et fait partir des coursiers pour faire hâter le pas aux troupes restées en arrière, mais les Hittites ayant traversé le fleuve près de la forteresse attaquent la division de Rê qui tente de rejoindre le camp. La division de Rê croule sous l'impact et les Hittites fondent sur le camp de Ramsès alors que la division de Ptah traverse à peine l'Oronte et que celle de Seth se trouve encore dans le bois de Labouy. La division d'Amon doit donc faire face seule aux 2 500 chars et aux milliers de fantassins de l'armée hittite.

Décimée, elle ne peut résister et l'armée hittite pénètre dans le camp. Ramsès fait atteler son char tiré par ses deux chevaux préférés Victoire dans Thèbes et Mout est satisfaite. Se trouvant isolé et submergé, il s'adresse alors au dieu Amon, son père, et lui demande son aide pour les services qu'il lui a rendus en construisant des temples, en enrichissant son clergé et en lui faisant moult sacrifices.

La réponse ne se fait pas attendre : « Je suis avec toi, je suis ton père et ma main est avec toi. Je vaux mieux que des centaines de milliers d'hommes. Je suis le maître de la victoire ! ». Redoublant d'efforts, il se lance alors à corps perdu dans la bataille et massacre grâce à la force divine de Seth des milliers de Hittites. Arrivent alors les Néarins qui, soutenus par la division de Ptah et ce qui reste de celle de Rê, affrontent les Hittites et remportent la victoire.

Le lendemain Muwattali envoie une proposition d'armistice et implore la clémence de Ramsès. Celui-ci la lui accorde, décide de s'en retourner en Égypte sans tenter de prendre Qadesh et fait graver sur le mur de plusieurs temples (comme Abou Simbel) sa « grande victoire ».

Temple d’Hathor

A la droite du Grand Temple consacré au roi, donc au Nord, le Petit Temple ou Temple d’Hathor est celui de la reine Néfertari. Egalement orienté à l’Est, il est dédié à la déesse-vache, celle qui chaque jour met au monde le soleil.

La façade

Certes moins imposante, mais elle aussi découpée en forme de pylône, elle présente une étonnante succession de 7 contreforts inclinés dans l’intervalle desquels sont inscrits 6 colosses taillés dans le roc sur une hauteur de 10 m. ceux-ci figurent, de gauche à droite : Ramsès II coiffé de la couronne de Haute-Egypte, Néfertari vêtue du costume d’Hathor et coiffée de cornes en forme de lyre (sous de hautes plumes enserrant le disque solaire), Ramsès II divinisé coiffé de la couronne de Haute-Egypte, Ramsès II divinisé coiffé du pschent, Néfertari et Ramsès II coiffé du nemès surmonté du disque solaire. Une chose est remarquable : Ramsès et Néfertari ont la jambe gauche en avant, ce qui signifie qu’ils sont « vivants ». Une frise de cobras (urœus de la déesse Ouadjit) protège l’entrée du temple.

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L’intérieur

Cet autre spéos est plus petit que son grand frère. Le plafond du pronaos est supporté par 6 piliers hathoriques. Les bas-reliefs des parois Nord et Sud sont des scènes d’offrande montrant Hathor donnant l’éternité au roi, Néfertari présentant le sistre (instrument de musique de la déesse Hathor) à Anouket, déesse de la Cataracte, le roi offrant des papyrus. Au fond, un large vestibule donne accès au naos. Entre 2 piliers hathoriques, la statue (en mauvais état) de la déesse Hathor semble émerger de la roche pour présenter Ramsès II, qu’elle immortalise de ce fait.

Vue sur le lac Nasser

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Le lac Nasser est un lac artificiel situé à la frontière soudano-égyptienne. « Nasser » est l'appellation de la portion égyptienne de ce plan d'eau (soit 83% de sa surface totale), le côté soudanais portant le nom de lac de Nubie. D'une longueur de 500 km, sa largeur varie entre 5 et 35 km pour une surface totale de 6 216 km², dont 5 250 km² en Égypte. Il constitue un réservoir de 162 milliards de m³ (soit 162 km³) d'eau en plein désert de Haute-Égypte.

Créé à l'issue de la construction du barrage d'Assouan, entre 1958 et 1970, il est alimenté par les eaux du seul Nil. Lors de sa construction et pour contrer la montée des eaux, plusieurs sites archéologiques nubiens, dont Abou Simbel et Philae, furent démontés pierre par pierre et déplacés en hauteur. Ce chantier fut de fait l'occasion de déplacements massifs d'infrastructures et de populations (essentiellement plusieurs centaines de milliers de Nubiens d'Égypte) : le port fluvial soudanais de Wadi Halfa fut par exemple totalement submergé et remplacé par une ville nouvelle aux bords du nouveau lac.

Le lac tient son nom du président Gamal Abdel Nasser, maître d'œuvre de cet ouvrage contesté. De plus, de par son effet régulateur sur les crues du fleuve, il diminue la quantité d'alluvions déposées en aval et est directement cité comme responsable de l'érosion du delta du Nil.

Posté par avodyenne à 16:10 - Récit de la croisière en Egypte - Commentaires [0] - Permalien [#]

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