Mes récits de voyage

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10 août 2007

Samedi 13 août 2005 : Louxor

Vallée des rois

Face à la ville, cette vallée appelée en arabe Biban el-Molouk (les « Portes des Rois ») est le fruit d’une érosion s’ouvrant dans les massifs calcaires de la chaîne libyque. Longue de plusieurs kilomètres, elle n’offre que la roche aux regards, ses 58 tombes connues étant percées dans ses profondeurs.

La cité thébaine qui domine la vallée aurait, par sa forme pyramidale, suggéré aux pharaons des XVIIIè, XIXè et XXè dynasties de faire creuser leurs tombes dans ce morceau de désert brûlé par le soleil. La vallée est en outre d’un accès difficile, facilement contrôlable. Malgré cela, ces tombes, séparées de leur temple funéraire depuis Aménophis Ier, furent rapidement violées, dès la XXè dynastie.

Pharaon faisait construire sa sépulture de son vivant. Une fois le site choisi, les terrassiers se mettaient au travail. A l’aide d’un maillet de bois et d’un ciseau métallique, ils creusaient le calcaire et les bancs de silex suivant les ordres de l’architecte. A mesure de leur avance, des plâtriers rattrapaient les irrégularités de la paroi en la recouvrant d’un stuc qu’ils polissaient ensuite d’un enduit fin blanchi à la craie. Alors intervenaient les dessinateurs qui quadrillaient à l’ocre rouge les surfaces à décorer. Une fois les hiéroglyphes et les personnages représentés, c’était au tour des sculpteurs d’intervenir. Ils taillaient les dessins afin d’obtenir des bas-reliefs que des peintres coloraient en fonction d’une codification précise déterminée par les rites.

Le plan diffère d’une tombe à l’autre. L’escalier, le couloir de descente et les salles flanquant la salle du sarcophage sont communs. Généralement, le couloir de descente des tombes de la XVIIIè dynastie forme un angle droit et est interrompu par un puits, alors qu’il est rectiligne dans celles de la XXè dynastie. La décoration est exclusivement consacrée au monde de l’au-delà et au périple de Pharaon pour gagner le royaume d’Osiris. Elle contraste donc avec les représentations naturalistes des tombes privées, car ici il est question de la survie de l’âme royale.

Bien que divin, il arrivait que Pharaon meure. Il fallait soixante-dix jours pour le momifier et l’emmailloter de bandelettes. Pharaon pouvait alors gagner sa demeure éternelle. Le cortège de prêtres et ses pleureuses le maintenait dans son sarcophage de bois jusqu’au seuil de sa tombe que les ouvriers avaient théoriquement eu le temps de terminer et de « meubler ». On procédait à l’ouverture de la bouche, rituel qui rendait la vie au défunt, puis on descendait Pharaon jusqu’à la salle du sarcophage où une cuve monumentale avait été préparée dès la construction. Dès que le couvercle enfermait le sarcophage dans la cuve, on fermait la tombe en apposant des sceaux royaux sur la porte.

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Visite de 3 tombes

Thoutmosis III

Située tout à l’extrémité d’une gorge étroite, la tombe fut découverte en 1898 par le français Victor Loret. Après le puits, le vestibule est décoré de peintures représentant 765 divinités. De là, un escalier mène à la salle du sarcophage, avec au centre une cuve funéraire vide, en quartzite rouge – la momie avait déjà été retrouvée par Maspero, dans une cachette de Deir el-Bahari, en 1881. Les parois sont décorées à l’image d’un gigantesque papyrus, illustrant le Livre de l’Amdouat, texte magique décrivant le parcours nocturne du Soleil ; la subdivision en 12 sections correspond aux 12 heures de la nuit. Les piliers sont ornés d’extraits des Litanies du soleil, où le roi est assigné à l’astre divin.

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Ramsès Ier

La tombe de Ramsès Ier, le fondateur de la XIXe dynastie est composée d'une rampe d'accès, d'un corridor, d'une première chambre et de la salle du sarcophage. Seule cette dernière pièce est décorée. Les parois de la salle du sarcophage sont entièrement coloriées. Elles portent une partie du "Livre des Portes". Chaque côté de la salle est orné d'une heure de ce recueil.

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Siptah Ier

Le tombeau de Siptah 1er se trouve dans un renfoncement de l'allée principale. Cette tombe est atypique, car elle n'est pas terminée. Elle a été creusée dans la roche, et a été laissé comme tel. Il n'existe aucune décoration murale que ce soit dans le couloir qui mène à la tombe, ou encore dans la pièce abritant le sarcophage du pharaon.
Il y règne une atmosphère particulière, cette tombe simple est un véritable havre de paix, où aucun bruit ne perturbe le repos éternel du pharaon.

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Il est intéressant de noter que les coloris de l’ensemble de ces tombeaux sont demeurés magnifiques.

Vallée des reines

La vallée des reines est la nécropole des épouses royales, des filles, parfois des fils des rois des XIXe et XXe dynasties. On en connaît aujourd'hui près de 80 tombeaux dont celui de la reine Néfertari, la Grande épouse royale de Ramsès II, mais seuls deux ou trois sont ouverts au public : la tombe de Khâemouaset (fils aîné de Ramses III), la tombe d' Amon-her-Khepechef (autre fils de Ramses III), et la tombe de Tyti (épouse d’un Ramses).

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Colosses de Memnon

Sur la droite de la route rectiligne qui mène à l’intersection des routes qui conduisent aux différents sites de la rive Ouest, ce célèbre duo de colosses marque comme une frontière entre les terres cultivées et le désert.

Ces deux blocs monolithes de quartzite pesant chacun 720 tonnes se dressaient autrefois devant l’entrée du temple funéraire d’Aménophis III, détruit depuis l’Antiquité puisqu’il servit de carrière à d’autres pharaons. Ils représentent donc Aménophis III, coiffé du nemès et assis dans une des attitudes royales des plus typiques. Chaque côté du trône est flanqué d’une figure féminine : la reine Moutemouïa, la mère du roi ; la reine Tiyi, sa femme.

On pense qu’en l’an 27 av. J.-C., ces deux colosses furent ébranlés par un tremblement de terre. Celui de droite se mit dès lors à manifester un phénomène curieux sur lequel s’est bâtie une légende. Après l’humidité de la nuit et avec la chaleur naissante du matin, il émettait comme un murmure plaintif. Les Grecs y virent une réincarnation de Memnon, un des héros de la guerre de Troie, avec d’autant plus de conviction que les Egyptiens nommaient ces statues memnou, appellation désignant toute construction religieuse. Grâce à sa mère, Eos, c’est-à-dire l’Aurore, Memnon, tué par Achille, avait obtenu l’immortalité accordée par Zeus. Les Ptolémées furent donc convaincus qu’à chaque lever du soleil, Memnon saluait plaintivement l’apparition de sa mère qui, en réponse, le couvrait de rosée pour lui révéler ses larmes. Donc, pour être tout à fait exact, seul le colosse de droite aurait dû s’appeler « colosse de Memnon ».

Grecs, mais aussi Romains, entamèrent ainsi des pèlerinages aux pieds de la statue vivante. Plusieurs inscriptions en témoignent, dont une sur les jambes du colosse, laissée par une poétesse romaine du nom de Julia Balbilla, qui accompagnait Hadrien lorsqu’il vint personnellement écouter Memnon. Septime Sévère, probablement désireux de se justifier son nom, fit restaurer la statue. Plus aucun son n’en émana.

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Balade en dromadaire

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Visite du musée d’Art égyptien ancien de Louxor

Ce petit musée inauguré en 1975 expose de la statuaire, des stèles, des poteries, des bijoux et du mobilier mis au jour dans des temples et des tombes de Thèbes. Toutes les pièces datent du Moyen et du Nouvel Empire.

Dimanche 14/08/2005

Retour à Paris sous la pluie et par un temps frais.

Posté par avodyenne à 17:29 - Récit de la croisière en Egypte - Commentaires [0] - Permalien [#]

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