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08 septembre 2007

Lundi 6 août 2007 : Delphes – Les Météores

Visite du site de Delphes

Selon la légende, lorsque Zeus lâcha deux aigles aux deux extrémités du monde, leur trajectoire se croisèrent au-dessus de Delphes, marquant ainsi le centre du monde. C’est à cet endroit que fut construit le sanctuaire d’Apollon. Celui-ci devint le siège de l’oracle que les pèlerins vinrent consulter dès le VIIIè siècle av. J.-C., pour des motifs d’ordre public et privé. A partir du VIè siècle av. J.-C., Delphes devint une importante cité. Le sanctuaire connut alors une période faste, qui s’acheva lors de la conquête romaine en 191 av. J.-C. L’oracle fut aboli en 393 en raison de la politique de christianisation de l’Empire byzantin entreprise sous le règne de Théodose.

L’oracle de Delphes

En consultant l’oracle de Delphes, les anciens Grecs interrogeaient le dieu Apollon lui-même. Celui-ci répondait par la voix d’une prêtresse sacrée ayant dépassé cinquante ans, la pythie. Pour consulter l’oracle, les fidèles acquittaient une taxe, le pelanos et sacrifiaient un animal sur l’autel. Les questions étaient transmises à la pythie par un prêtre. Montée sur un trépied, celle-ci entrait en transe, sous l’effet d’un breuvage sacré et d’émanations toxiques issues du sol. Les prêtres interprétaient ses incantations, de manière parfois ambiguë : au roi Crésus de Lydie qui demandait s’il pouvait entamer une guerre contre Cyrus le Grand, roi de Perse, on répondit que s’il traversait une rivière il détruirait un empire. Lorsque ses troupes franchirent l’Halys, il détruisit effectivement un empire, mais c’était le sien.

Les fouilles, qui ont débuté en 1892, ont mis au jour des vestiges bien plus importants que ne l’imaginaient les archéologues. Célèbre par son sanctuaire d’Apollon, Delphes abrite, au sud, un autre sanctuaire (dénommé Marmaria) dédié à Athéna ainsi qu’une rotonde (ou tholos) entourés d’une enceinte. Au nord du théâtre s’étend le stade où se déroulaient les concours Pythiques. Ceux-ci constituaient, avec les jeux Olympiques, le principal événement sportif du calendrier grec antique et un puissant facteur d’unification culturelle et religieuse de la civilisation hellène déchirée par les rivalités entre cités.

Marmaria

Au sud-est du temple d’Apollon, un sentier conduit à l’enceinte de Marmaria (carrière de marbre), nom qui désigne le sanctuaire d’Athéna Pronaia. A l’entrée gisent les vestiges d’un temple du IVè siècle av. J.-C. dédié à Athéna. A l’autre extrémité du sanctuaire, on trouve les ruines de l’ancien temple d’Athéna, qui fut bâti à la fin du VIè siècle av. J.-C. Entre ces deux temples s’élève la tholos, dont la destination demeure indéterminée. Cette rotonde édifiée au début du IVè siècle av. J.-C. était entourée d’un péristyle dorique de vingt colonnes, dont trois furent relevées en 1938. Elles ne feront hélas que suggérer l’incomparable grâce de cet édifice, qui exerça une influence majeure sur toute l’architecture romaine.

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Le gymnase

Le bâtiment comprenait des bains froids alimentés par les eaux de la fontaine Castalie, à l’usage des athlètes s’entraînant pour les concours Pythiques (jusqu’à ce que les Romains leur ajoutent des bains chauds au IIè siècle av. J.-C.). Les bassins d’eau froide, d’un diamètre de 9m, sont encore visibles. A l’est, une palestre (aire d’entraînement) était entourée de vestiaires et de salles d’exercices. Outre la piste en plein air, les installations comprenaient une piste couverte de 180m destinée à accueillir les épreuves en cas d’intempéries. Le gymnase, qui pouvait servir de salle de travail aux poètes et aux philosophes, est bâti sur plusieurs niveaux en raison de la nature accidentée du terrain.

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Le sanctuaire d’Apollon

Le sanctuaire s’insérait au cœur d’un vaste complexe comprenant un stade et une source sacrée. On y accède par une agora d’où part la Voie sacrée qui serpente entre les ruines des trésors et des bâtiments.

L’entrée principale

Elle servait de place du marché (agora) où étaient vendus des objets religieux.

La Voie sacrée

Cette voie, qui mène au temple d’Apollon, était bordée de 3000 statues et trésors, érigés par les cités grecques pour abriter les offrandes de leurs concitoyens.

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Le trésor des Athéniens

Il fut édifié après la bataille de Marathon et reconstruit en 1906.

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Le théâtre

Construit au IVè siècle av. J.-C., pouvait accueillir 5000 places. Sa beauté égalait celle du théâtre d’Epidaure.

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Le temple d’Apollon

Les ruines actuelles appartiennent à un temple bâti au IVè siècle av. J.-C. sur l’emplacement de deux temples plus anciens construits aux VIIè et VIè siècles av. J.-C. Les archéologues français, qui ont engagé les fouilles du site en 1892, se sont employés à restituer la grandeur originelle du site de Delphes.

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Le stade

Construit en pierre extraite de la roche qui domine le sanctuaire, ce stade est l’un des mieux conservés de Grèce. Long de près de 200m, il accueillait, tous les quatre ans, à partir de 582 av. J.-C., les 7000 spectateurs conviés aux concours Pythiques. Ceux-ci constituaient le prolongement sportif des fêtes musicales, incluant concours poétiques et musicaux, qui étaient organisées tous les huit ans dans le théâtre, pour commémorer la victoire d’Apollon sur le serpent Python. Les vainqueurs des épreuves d’athlétisme, qui constituaient l’essentiel de ces concours Pythiques, recevaient des trophées honorifiques : une couronne de laurier et le droit de se faire édifier une statue dans le sanctuaire. La structure actuelle, dont la plupart des sièges sont intacts, est construite en pierre calcaire du Parnasse et date de l’époque romaine. La tribune la mieux conservée est située du côté nord. Elle était réservée aux présidents des concours et aux invités de marque.

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Victoire d’Apollon sur le serpent Python

Un hymne "homérique" à Apollon raconte ainsi la victoire du dieu:

"Près d'une source aux belles ondes le Seigneur, fils de Zeus, tua de son arc puissant le dragon femelle, la bête énorme et géante, le monstre sauvage qui, sur la Terre, faisait tant de mal aux hommes, tant de mal aussi à leurs moutons aux pattes fines... Qui la rencontrerait se voyait emporté par son jour fatal jusqu'au jour ou Apollon, le Seigneur Archer, lui eut décoché un trait vigoureux. Déchirée par de rudes souffrances, la bête gisait à terre en poussant de grands râles et se roulait sur place; puis il y eut une clameur prodigieuse, inexprimable; le monstre se tordit ici et là dans la forêt et rendit l'esprit en exhalant un souffle ensanglanté. Alors Phoibos Apollon dit fièrement: "Maintenant pourris ici sur la terre nourricière d'hommes". Ensuite Apollon dut chercher des prêtres pour dessservir son nouveau temple: il força des marins crétois à aborder à Crisa, en bondissant sous leur navire sous l'apparence d'un dauphin, et obtint d'eux qu'ils acceptassent d'être les gardiens de son sanctuaire. Désormais le dieu qui s'était déguisé en dauphin fut dit Delphinien et le site Delphes.

Apollon, revenu de son voyage chez les Hyperboréens, tua le monstre de ses flèches. S’étant purifié, au cours d’un séjour dans la vallée de Tempé en Thessalie, du meurtre qu’il avait commis, il organisa les jeux Pythiques (victoire commémorée par ces Jeux au cours desquels on rejoue ce drame), jeux funèbres célébrés tous les quatre ans, que l’Antiquité célébra avec autant de ferveur que les jeux Olympiques.

Ayant aperçu un bateau crétois au loin, il se changea en dauphin; bondissant autour du navire, il fit de l'équipage ses prêtres.

L’Apollon de Delphes était une divinité essentiellement bénéfique, un lien direct entre les dieux et les hommes, aidant ceux-ci à connaître la volonté de ceux-là ou à se réconcilier avec eux; il était aussi le purificateur, il avait le pouvoir de laver ceux-là même qui s’était souillés du sang de leur famille.

Visite du musée de Delphes

Le visiteur est accueilli par l’omphalos, la « pierre nombril ». Celle-ci est une copie hellénistique ou romaine de la pierre originale qui marquait le point où les deux aigles lâchés par Zeus aux deux extrémités du monde s’étaient croisés, définissant ainsi le centre du monde.

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Le musée abrite 13 salles d’exposition. L’une d’entre elles présente une belle reconstitution à l’échelle du sanctuaire d’Apollon, en calcaire, marbre bleu, or et terre cuite. Cette maquette, entourée de frises et de statues, donne une idée de la splendeur passée du site.

Des chapelles votives, ou trésors, jalonnant la Voie sacrée, abritaient les offrandes (monnaies ou œuvres d’art) des cités qui remerciaient l’oracle pour la justesse de ses prédictions. Le trésor de Thèbes, par exemple, fut édifié à la suite de la victoire de Thèbes contre Sparte à Leuctres en 371 av. J.-C. Deux salles présentent les sculptures retrouvées dans les trésors de Siphnos et d’Athènes.

Une majestueuse frise représentant le combat des dieux et des géants témoigne de la richesse de la cité de Siphnos.

On peut voir aussi un sphinx ailé, haut de 2,3m, offert par la cité de Naxos en 560 av. J.-C., qui couronnait une colonne de 10m de haut.

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La pièce la plus célèbre du musée est l’Aurige de Delphes. Cette statue en bronze, de la taille d’un homme, fut commandée par Polyzalos, prince grec de Sicile, pour commémorer la victoire de son char en 478 av. J.-C.

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A signaler aussi le groupe des thyades (prêtresses de Dionysos) qui surmontait une colonne. Celle-ci aurait supporté le siège à trépied sur lequel la pythie délivrait ses fameuses prophéties. D’après certains spécialistes, ces trois femmes exécutaient une danse en l’honneur de Dionysos. Cette sculpture a inspiré les « Danseuses de Delphes » de Debussy.

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Vous pouvez écouter cette œuvre sur http://musique.01net.com/Maurice-Ravel/Debussy-ravel-(vol-40)-0028945681726.html

On peut trouver également une statue représentant Antinoüs, jeune homme originaire de Bithynie, amant de l'empereur Hadrien.

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Antinoüs est né en Bithynie (province d'Asie mineure), à Bithynium-Claudiopolis, vers 110. Hadrien le rencontre lors de l'un de ses voyages en Asie, probablement en 123. Il devient rapidement un favori de l'empereur. Le 30 septembre 130, il trouve la mort noyé dans le Nil, dans la région d'Hermopolis, dans des circonstances restées mystérieuses (d'autres sources parlent de 122). Plusieurs explications ont été avancées :

- simple accident : version officielle rapportée par Spartianus dans sa Vita Hadriani (Histoire Auguste) ;

- assassinat politique : hypothèse peu probable dans la mesure où le jeune homme avait peu d'influence politique ;

- suicide rituel, dans l'espoir de prolonger la vie d'Hadrien.

Hadrien est très affecté par la mort de son favori. De leur côté, les Égyptiens divinisent le jeune homme : ils voient dans les noyés du Nil les serviteurs d'Osiris. Une ville est même fondée sur le fleuve, Antinoupolis. Hadrien encourage le développement de la nouvelle religion en multipliant les œuvres d'art à l'effigie du jeune homme. Les Grecs reconnaissent également en Antinoüs un avatar d'Hermès. En 131132 sont fondés les Antinoeia, jeux réservés aux éphèbes mêlant épreuves gymniques et concours musicaux. On distingue les Antinoeia « de la ville », c'est-à-dire Athènes, et ceux d'Éleusis. À Rome, le culte est reçu plus froidement, mais finit par s'implanter. Ce sera le dernier grand culte introduit avant l'arrivée du christianisme.

Vue de Delphes :

On aperçoit sur les différents plans : la mer d’oliviers, la ville d’Itea, et le golfe de Corinthe.

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Passage par la plaine de Thessalie

Il y a 25 à 30 millions d'années de cela, la partie centrale de la Grèce que l'on connaît aujourd'hui a commencé à subir toute une série de modifications d'ordre géologique. Elle s'est élevée et la région de la Thessalie a été entièrement engloutie, ce qui a eu pour conséquence la formation d'un lac. Plus tard s'est créée la vallée de Tempi, ce qui a permis aux courants de se jeter plus facilement dans la Mer Égée. Ainsi s'est formée la plaine de Thessalie.

Vues de Kalampaka (ville située à proximité des Météores)

Le soir

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Le matin

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Posté par avodyenne à 22:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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